Tribune
tribune

A Paris, on se mobilise contre les trafics, qu’en est-il ailleurs ?

13/07/2017

La séquence de la pétition des femmes de Pajol se termine : les politiques s’en sont mêlés, les intellectuels aussi. Le tout, dans un beau brouhaha médiatique qui s’est répandu jusqu’à l’étranger. Deux camps se sont alors fait jour : ceux qui condamnent l’occupation de la voie publique par des groupes de trafiquants s’en prenant aux femmes ; ceux qui ont suspecté immédiatement un soi-disant fascisme féministe derrière cette pétition. Le plus ahurissant a été entendu et vu : je pense à Caroline de Haas suggérant qu’on élargisse les trottoirs pour résoudre le problème ou à Marlène Schiappa, devenue secrétaire d’Etat, se faisant prendre en photo la nuit à Barbès, quand il n’y a plus de trafiquants présents, pour montrer que tout est normal et que la police est partout efficace en France !

Le plus significatif dans cette affaire reste que les femmes de Pajol aient obtenu satisfaction. Le quartier de la Chapelle a été nettoyé et a retrouvé une forme de tranquillité acceptable. Certes, les trafiquants se sont regroupés cent mètres plus loin, mais ils ne sont plus à Pajol, pour le moment. En France on masque  et on déplace les problèmes, on ne les résout pas !

Voyant le succès de Pajol, des femmes, mais aussi des hommes, ailleurs, se sont mobilisés pour dire : « pourquoi pas nous ? Nous aussi, nous avons droit à la tranquillité, comme à Paris ! » C’est le cas de mon ami Françoise à Saint-Denis. Son arme, c’est des brocantes sauvages sur le parvis de la gare car hélas, Françoise n’attire guère l’attention de la presse ou des décideurs publics sauf à verser un peu dans l’illégalité. Pourquoi on a tant parlé de Pajol ? Parce que c’est Paris ! L’autre côté du périphérique, Marseille, Montpellier, Saint Etienne, Lyon : autant de villes où les trafics peuvent continuer ! La presse nationale ne concentre son attention que sur la vie locale de …. Paris !

Or, contre toute attente, Françoise vient d’être entendue par la Mairie de sa ville qui lui a proposé une réunion pour envisager des solutions à l’occupation du parvis par des vendeurs la sauvette. Ainsi donc, la lutte paie. Partout où les associations, que je suis prêt à conseiller et à aider dans leurs démarches ou leurs actions, se mobilisent, on constate une avancée de la sécurité pour les simples citoyens. La conclusion s’impose : il faut se regrouper, repenser les méthodes, organiser des actions pour avoir une visibilité médiatique et avoir droit à un renfort policier pour repousser, aussi longtemps que possible, les trafics à ciel ouvert. Reste alors la question de fond : ne pourrait-on pas repenser collectivement et de manière pérenne l’appréhension de ce fléau ? #STOPTRAFICS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*