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Lutter contre le tabac, bonne idée mais donnons-nous les moyens

19/07/2017

Plus cela va et plus je m’étonne que la hausse du tabac soit devenue une affaire d’État passant même avant la baisse de la dette nationale ! C’est pourtant le cas, puisque le Premier ministre en a fait la mesure phare de son programme de politique générale : une mesure d’autant plus surprenante que l’on ne voit pas d’autres propositions concrètes dans son discours.

Certes, la lutte contre le tabagisme est d’utilité publique, en même temps, une politique globale pour les cinq ans à venir ne peut se résumer à cela : que fait-on contre la délinquance ? le terrorisme ?  la pollution ? le déficit ? le chômage ? Mais il y a plus grave encore, c’est que cette seule mesure envisagée est incohérente car elle produira l’effet inverse à celui recherché : elle augmentera les trafics et enrichira de fait les trafiquants qui bénéficieront de marges encore plus confortables. En augmentant les prix du tabac, on finance, mine de rien, le crime organisé !

Si l’on veut lutter contre le tabagisme, comme contre le dumping social, il faut avant toute chose se mettre au même niveau que nos voisins européens. Comment voulez-vous éviter la contrebande quand les pays qui nous entourent sont tous moins chers ? Les voyages aux frontières ont encore de beaux jours devant eux ! Deuxième condition indispensable après cette unification préalable des politiques fiscales : la décision de lutter contre le trafic. Or, notre politique pénale est inexistante pour empêcher ces phénomènes de rue. On a vu ce que cela donnait à Barbès et à la Chapelle à Paris : des actions sporadiques pour des résultats qui ne durent pas. Il ne suffit pas de dire « on va lutter contre les trafics », il faut s’en donner les moyens, et, en ce sens, on ne voit aucune mesure se dessiner.

Nier que le niveau des trafics est directement lié au niveau de prix quand il y a un différentiel possible avec les voisins est une faute, on l’a vu avec la prohibition aux États-Unis. Le discours de politique générale du Premier ministre va finalement provoquer la recrudescence de trafics de plus en plus lucratifs. Au lieu d’avoir deux milliards supplémentaires de recettes fiscales dues aux augmentations, on aura deux milliards de plus dans les poches des trafiquants ! Face aux annonces, soyons prudents et espérons que ce discours ne soit que le signal d’une prise en main attendue d’un phénomène trop longtemps mis de côté par les précédents décideurs. #STOPTRAFICS

Un commentaire

  • Jean-Jacques says:

    Tout à fait d’accord, il y a une grosse erreur d’aiguillage de la politique de lutte actuelle et une grosse hypocrisie ! Si les industriels du tabac semblent intouchables, ne faisons pas le jeu de la contrebande au moins !
    J’ai signé une pétition qui vient de sortir sur le sujet et je pense que tout le monde devrait se sentir concernés par cette ineptie du gouvernement. Il est toujours temps de le faire reculer, signez aussi ! http://www.citizaction.fr/petition-non-paquet-10-euros/

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